Berlin, c’est moche ?

Parisienne de naissance et presque de religion, j’ai longtemps pensé ne pouvoir me sentir chez moi qu’en France, et plus particulièrement à Paris (et sa riante banlieue !). Expatriée à Berlin la mort dans l’âme pour mon stage de fin d’étude, je me suis petit à petit surprise à y rester quelques mois de plus que nécessaire… et quelques mois de plus encore… Jusqu’à me rendre à l’évidence et réaliser un beau matin que, tiens, j’y étais bel et bien installée !

Forte de ce constat, j’ai donc décidé de vous conter par le menu les dix détails essentiels et très personnels qui me font finalement dire contre toute attente « Ich bin ein Berliner ! ».

J’aimerai aujourd’hui vous parler de ses constrastes.

Car on n’en tombe pas amoureux au premier regard, de cette ville qui se vit plus qu’elle ne se visite : on s’y attache.

Au premier contact avec la capitale allemande, certains touristes se retrouvent parfois un peu déconcertés voir déçus par l’esthétique très particulière de la ville. Il faut dire que face à Rome, Paris, Madrid ou Londres, Berlin peut sembler singulièrement moderne, industrielle, voir froide… à qui la considère de manière superficielle.

La beauté de Berlin se mérite, il faut savoir l’explorer, la vivre, et en faire l’expérience quotidienne. Elle réside principalement dans ses contrastes et dans son esthétique variée, faite de parfaites imperfections.

Marcher le long d’un canal bordé de lilas en fleurs et parfaitement aménagé d’une longue piste cyclable serpentine revêt une saveur toute particulière lorsque l’autre rive est parasitée de terrains industriels. D’un côté la laideur inhospitalière d’une modernité négligente, de l’autre un petit coin de paradis paysagier… voilà qui laisse méditatif, et souvent plus appréciateur de la saveur des belles choses.

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Vivre à Berlin c’est pouvoir apprécier l’élégance raffinée de petits bouts de quartiers comme Charlottenburg ou le Schönenviertel à Moabit, par contraste avec la raideur toute géométrique de la Karl-Marx Avenue ou avec la beauté sauvagement moderne d’un coucher de soleil sur l’ancien aéoport de Tempelhof réaménagé en parc géant ouvert à tous.

Dans cette ville immense, le beau n’est pas partout, mais il est légion. Comme il est moins évident, plus disparate et plus dispersé, vous aurez souvent l’opportunité d’en profiter en toute tranquillité et en toute liberté, un fallafel à la main seul au pied d’un saule bordant la Spree… là où les touristes parisiens iront s’étouffer par milliers sous la splendeur écrasante des tours de Notre-Dame.

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